Togo: l’opposition rassemble des milliers de personnes à travers le pays

0
65

Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées mercredi dans les rues de la capitale togolaise Lomé ainsi que dans d’autres villes du centre et nord du pays, à l’appel de l’opposition pour demander le départ du président Faure Gnassingbé et le retour à la constitution de 1992. 

Dans la capitale, les manifestants sont partis de trois points de rendez-vous, rendant un décompte des participants difficile, mais selon les observateurs sur place, plusieurs milliers d’entre eux ont répondu à la demande de l’opposition de ne pas lâcher la pression sur le pouvoir après les marches historiques des 6 et 7 septembre, qui avaient rassemblé plus de 100.000 personnes.

Dans la foule se dressaient des pancartes portant les inscriptions: « Faure Must Go » (Faure doit partir, ndlr) ou encore « Libérez mon pays, 50 ans, ça suffit ».

Le chef de file du PNP, nouveau parti de l’opposition, a réussi à se construire une forte base populaire, notamment issue du centre et du nord du pays, à majorité musulmane, historiquement attachée au pouvoir en place.

A Sokodé, deuxième ville du pays et bastion du PNP, les marches ont rassemblé plus de 4.000 personnes malgré les fortes pluies. En août, des manifestations, réprimées par les forces de l’ordre, avaient fait deux morts, déclenchant une vive réaction populaire.

marche_togo-770x470

Un peu plus au nord, à Bafilo, les marches ont été dispersées dès leur départ. Des rumeurs de violences ont envahi les réseaux sociaux et un observateur d’une association locale des droits de l’Homme (proche de l’opposition) fait état de quatre blessés par des balles en caoutchouc.

L’opposition a prévu deux nouveaux jours de manifestations mercredi et jeudi, après avoir boycotté le vote du parlement sur le projet de révision constitutionnelle, prévoyant notamment de limiter à deux le nombre de mandats présidentiels, mais de manière non rétroactive.

Le gouvernement avait tenté d’apaiser la crise socio-politique en proposant une révision de la Constitution, et notamment de limiter à deux le nombre de mandats présidentiels, mais les députés de l’opposition ont boycotté le vote en bloc mardi à l’Assemblée nationale, dénonçant un « simulacre de plénière » par la voix de son porte-parole Eric Dupuy.

L’opposition refuse le texte en l’état, qui n’applique pas la rétroactivité de la mesure, et qui permettrait au président Faure Gnassingbé, hériter d’une famille au pouvoir au Togo depuis 50 ans et lui-même à la tête du pays depuis 2005, de se représenter en 2020 et en 2025.