Kémi Séba libéré

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L’activiste franco-béninois a été libéré après sa comparution devant un tribunal de Dakar.

Le leader du Front contre le franc-CFA, Kémi Séba, était devant la justice sénégalaise qui lui reprochait d’avoir brûlé un billet de 5000 francs CFA en public.

La Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (BCEAO) avait porté plainte contre lui pour son geste.

Kémi Seba était poursuivi pour « altération de signe monétaire ».

En attendant plus de détails sur les conditions de sa libération, voici le procès verbal de son arrestation.

De nos confrères de Dakaractu

« Je me nomme Stellio Gilles Capo Chichi alias Sémi Kéba. Je suis né le 9/12/1981 à Strasbourg en France. Je suis chroniqueur à Vox Africa. Je suis marié à deux épouses et père de trois enfants. Je suis de nationalité franco-béninoise et titulaire de passeport français et béninois dont je ne me rappelle pas de la référence. (…) Je jouis de toutes mes  facultés physiques et mentales. J’ai été arrêté et condamné à 2 mois de prison ferme, en 2007 et 2014 en France, relativement à mes activités politiques contre Sarkozy et Hollande ».

« J’ai pris acte de l’objet de ma conduite au siège de votre service, relativement à cette plainte déposée par la BCEAO à mon encontre. Je tiens à préciser que depuis janvier 2017, (des membres) de la société civile africaine, issus de pays d’Afrique francophone, ont sous la direction de notre mouvement, et pour la première fois depuis la période des indépendances, commencé à organiser de façon simultanée des mobilisations dont l’objet est de lutter pour l’élimination du franc CFA et de la France-Afrique. C’est dans ce contexte que nous avons organisé au Sénégal, à la date du 19 août 2017, un sit-in à la place de l’Obélisque. Effectivement, je reconnais qu’au cours de mon allocation, j’ai brûlé un billet de 5.000 F CFA. Cet acte était illustratif par rapport aux idées que nous défendons.

Je tiens d’abord à préciser que le nommé Alioune Ibn Abitalib Sow n’était pas au courant de la volonté de brûler le billet. Aucun membre de mon organisation n’était au courant de l’action que je comptais poser. J’ai demandé à Alioune le briquet sans lui expliquer les raisons. La manifestation du 19 août 2017 portait sur la France-Afrique et non sur le franc CFA”.

« Pour dire vrai, je savais effectivement que le Code pénal a incriminé l’action de brûler un billet de banque ayant cours  légal au Sénégal. Cependant, il faut comprendre par là qu’il y a un adage qui dit que face à une loi injuste et immorale aucun citoyen doté de raison n’est tenu de respecter cette dernière. Je précise que la loi de 1946, sur l’instauration du franc CFA, bien qu’elle ait subi, au cours des années, de légères modifications, est injuste, car elle nous a imposé une monnaie de servitude qu’est le franc CFA. Je n’ai pas l’idée dans le futur de brûler un autre billet. Mais, l’organisation de manifestations contre le franc CFA va clairement s’amplifier dans toute l’Afrique. (…) J’appelle la justice et la BCEAO à comprendre que mon acte était un acte purement symbolique et je ne cherche pas à être l’ennemi, mais j’assume pleinement mon acte ».